Les trois étapes pour réussir un gros fold

Nobody2627 | il y a 2 mois Il y a Poker Theory and Concepts

Faire un gros fold, c’est passer une main qui a une valeur absolue très importante. Cela signifie que nous passons une main qui, dans des conditions normales, serait presque toujours la meilleure main quand nos lectures de l’action, du joueur ou des joueurs présents dans la main, nous donnent des raisons de penser que nous n’avons pas assez d’équité pour suivre. L’époque à laquelle on pouvait facilement partir à tapis avec top paire est révolue. De nos jours, l’agressivité est plus présente, mais il existe encore de nombreux spots où nos adversaires ne bluffent pas suffisamment et finissent par ne mettre de l’argent dans le pot qu’avec une range nutsée, c’est-à-dire extrêmement forte.

Le hero fold peut parfois sembler impossible. Avez-vous déjà eu cette sensation viscérale qui vous dit que votre main n’est jamais bonne, ou presque ? L’avez-vous déjà ignorée à cause du diable sur votre épaule qui vous dit que ce serait « fou » de passer une main AUSSI FORTE ?

Voici trois étapes qui vont vous permettre de débloquer vos aptitudes à hero fold.

Étape 1 : ne faites rien pendant cinq à dix secondes

Quand on a l’habitude de suivre très rapidement une relance ou une mise importante avec nos mains fortes, il est compliqué de trouver un hero fold. Lorsque nous avons une bonne main et que les actions de notre adversaire nous poussent à penser qu’il est possible que notre adversaire ait mieux, il se passe plusieurs choses au niveau physique et mental.

L’adrénaline se répand dans notre corps. Notre rythme cardiaque s’accélère et notre esprit se met à fonctionner de façon précipitée.

Un programme de combat se met en place dans notre subconscient. Une menace + une arme puissante = combat.

Il est difficile de folder à cause de toutes ces années passées à NE PAS folder avec ce type de mains fortes. L’idée même nous répugne.

Ces deux premières réactions peuvent être éliminées simplement en patientant et en se concentrant sur le retour à un état physique et mental normal. Laissez passer un peu de temps et acceptez le fait que votre EV a quelque peu baissé. Vous avez certes une très bonne main, mais compte tenu de l’action, la situation n’est plus si lucrative que ça.

Étape 2 : considérez la force relative de votre main À CE MOMENT-LÀ

Déterminer la force relative de sa main revient à essayer d’évaluer sa valeur par rapport à la range de l’adversaire en prenant en compte l’action (l’ensemble des mises, relances, calls, etc. effectués jusque-là par les joueurs), la nature de l’adversaire et le tableau. Quand vous manquez d’informations sur le joueur que vous affrontez, vous pouvez vous référer au comportement habituel de « l’ensemble des joueurs ».

La force relative de votre main est sa valeur maintenant que votre adversaire a joué de cette façon-là et que ce tableau précis a été dévoilé. Le problème, c’est que l’action ou les cartes dévoilées modifient sans cesse cette force relative et que nos émotions ont du mal à suivre. Lorsque notre main passe d’une EV très haute à une position moins enviable, un blocage mental nous empêche de nous adapter. Le rush d’adrénaline qui en résulte peut nous pousser à prendre des décisions précipitées et/ou inadaptées. Dans le but d’accepter la force relative présente de notre main, il faut donc travailler à la fois sur l’acceptation d’un point de vue logique et d’un point de vue émotionnel.

L’élément clé à déterminer étant : est-ce que notre main bat la majorité de la range de notre adversaire ou bien n’est-elle désormais bonne qu’à attraper un bluff ? Si nous ne battons plus que des bluffs, il faut déterminer la fréquence à laquelle notre adversaire va bluffer dans cette situation. Si la réponse est « très rarement », alors nous nous approchons de ce fameux hero fold.

Même en acceptant que notre main a perdu beaucoup de sa valeur, nous devons toujours nous battre avec ce petit diable sur notre épaule qui crie : « impossible de passer une double-paire ! »

Faire taire le diable qui s’attache au pot

Pourquoi sommes-nous autant attaché au pot lorsque nous avons une main forte ? Simplement parce que nous n’avons pas l’habitude de passer des mains aussi fortes. Lorsque nous touchons une double-paire ou un brelan, ou que nous recevons les As pré-flop, notre cerveau met cela en corrélation avec le fait de gagner de l’argent, pas d’en perdre et encore moins de passer. C’est ce qui peut diriger notre souris vers le bouton call alors que nous avons déterminé en toute logique qu’il était préférable de passer. Trouver une excuse de dernière minute pour suivre ou même voir notre curseur se diriger tout seul vers le bouton call alors que l’on sait que l’on doit passer arrive très souvent.

Si vous arrivez déjà à accepter que votre EV a largement chuté en raison des circonstances rares et exceptionnelles, vous pouvez comprendre que votre main n’est pas aussi forte qu’à l’ordinaire. Dans ce cas, même si suivre est correct, cela ne nous rapportera pas tellement d’argent.

Une fois que nous avons accepté que la situation n’est plus profitable, trouver un fold est plus facile.

Récapitulatif

Pour faire un gros fold, il faut déjà se calmer et s’adapter à la nouvelle situation.

Il faut ensuite réévaluer notre main. Ne peut-elle désormais servir qu’à attraper un bluff ?

La troisième étape consiste à accepter la dégradation de la situation et à se débarrasser du désir de gagner beaucoup d’argent avec notre main.

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